La cravate (Part 1 – le secret)

La cravate peut sembler être un accessoire totalement inutile et dépassé, contraignant plutôt qu’agréable, ridicule plutôt qu’élégant…  Il est vrai que malheureusement les hommes considèrent la cravate, comme un accessoire obligatoire (enfin de certaines garde-robes tout du moins).  Si rares sont ceux qui se posent la question de la manière dont ils peuvent embellir leur allure avec; et encore plus rares sont ceux qui y arrivent! Quel terrible constat!

Notez s’il vous plait, que la cravate est une véritable arme de séduction, un outil de distinction et un réel signe d’élégance, quand elle est portée à bon escient. Elle se voit au milieu d’un torse comme un nez au milieu du visage, c’est donc une raison suffisante pour y prêter une attention toute particulière lors du choix des tenues.

Cette pièce est aussi hantée par un terrible mystère, celui de ses origines. La cravate aurait ainsi donné son nom à un pays. Il est vrai que la théorie communément admise veut que la cravate soit née en Croatie; en tout cas, elle nous viendrait avec les engagés Croates dans l’armée napoléonienne. Ces Croates l’auraient adopté après avoir côtoyé les soldats de l’empire romain puisqu’il s’entendait jusqu’à là.

Et si la Croatie portait son nom grâce à la cravate? La cravate est déjà citée par le poète Eustache Deschamps en 1380, c’est à dire 300 ans avant l’époque Napoléonienne. En 1590, Cesar Vecellio cite la cravate romaine dans son livre du costume.  Ainsi les Croates ont peut-être hérité leur nom de la cravate! N’est-pas une délicieuse anecdote qui redore positivement le blason de la cravate.

Quoi qu’il en soit sachez que l’histoire de la cravate a toujours été indissociable de l’évolution de la société. L’évolution de sa forme est également extrêmement intéressante, et totalement alignée à celle des époques. Remarquez par exemple, que la cravate n’a pas réellement évolué depuis la fin de 19eme siècle, ce qui correspond au début de l’aire industrielle dans laquelle nous nous trouvons encore actuellement.

Que dire de plus, la cravate semble ainsi être presque au centre de notre existance…

Ajoutons toutefois que la cravate a toujours été vecteur fort de symbolisme. On l’enlève quant on est contestataires, on lâche le noeud quand on veut paraître hors cadre, comme les artistes par exemple. On se sert de la cravate comme symbole de l’élégance et parfois de l’arrogance masculine. C’est aussi un symbole d’appartenance à un milieu social ou à un groupe  (les cravates club en Grande Bretagne) .

La cravate est un outil indispensable du dandy! Combien d’hommes et combien d’heures ont ils passé à choisir et à nouer leur cravate! L’histoire de la mode regorge des personnages comme Beau Brummell qui aurait passé des heures et des heures le matin avant de créer un noeud parfait à sa cravate. A cette époque, à la fin du 18, début de 19e siècle la cravate est finalement plus proche de foulard que l’on noue sur le devant. Au cours de 19 siècle, la cravate se rallonge de plus en plus pour s’approcher des cravates que l’on connait aujourd’hui. 

Dans les années 20 du vingtième siècle on retrouve les premieres cravates fines et droites. Leur forme se simplifie de plus en plus et les couleurs explosent! Cette forme révèle une symbolique phallique à la cravate, qui se retrouve à remplacer d’autres attributs externes de masculinité, disparus à notre époque (les armes par exemple). C’est pourquoi l’appropriation de la cravate par les femmes a souvent une si forte charge sexuelle.

En revanche les lavalieres et autres cravatieres persistent toujours pour nous rappeler le bon vieux 19 eme siècle. Et gâcher quelques tenues de mariage…

Au 20eme siècle la cravate varie de façon relativement subtile. Comme pour l’ensemble des tenues, les différents textiles remplacent en partie la soie, de façon plus au moins heureuse; la longueur et la largeur varient. Durant les années la cravate perd puis reprends de l’importance, mais reste invariablement l’uniforme des employés de bureau, jusqu’à la propagation des entreprises tech et créa qui rejettent la cravate. En rendant la cravate non obligatoire, elle redevient un veritable accessoire de mode et rattrape son usage d’arme d’élégance. Enfin!

Quant aux modalités pratiques, les tendances et quelques recommandations au sujet de la cravate, elles seront présentées dans nos prochains billets.

 

 


3 commentaires

  1. [...] Look So Delicious: Elena nous narre l’histoire de la cravate (via stylecatching.com) [...]

  2. thibault wrote:

    Merci pour ce délicieux récit, tu m’as convaincu à re-porter une cravate !! Malgré mon milieu très hostile qu’est le « marketing » ;)

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