La technologie doit disparaitre!

Internet des Objets… ce terme devient de plus en plus présent et sort petit à petit du ghetto de la presse spécialisée. Ainsi dans le futur proche les objets (les valises, les machines à laver, les portes, les pots de yaourt etc.) vont discuter ensemble, et prendre des décisions, enclencher les actions, faire passer de l’information. C’est ça le futur.

L’un des premiers représentants de cette grosse tendance dans le monde de la technologie, a été le Nabaztag. Ce lapin qui pouvait communiquer à travers sa voix et sa gestuelle, les informations qu’il recevait par internet, selon les règles établies par son propriétaire.

Depuis 2005, l’année de sa commercialisation, et après la révolution des interfaces amenée notamment par Apple, on voit se développer d’autres objets connectés, plus interactifs, comme le miroir Digital LifeStyle de Microsoft, ou plus connectées, comme les puces électroniques internes que l’on utilisera de plus en plus dans le domaine de la télé-santé.

En même temps, le spectre de nombreux échecs dans le domaine de l’interactivité plane sur cette tendance (ceux de la domotique, de la commande vocale, et du fameux Nabaztag aussi d’ailleurs etc.)  Parmi les nombreuses raisons, il y a l’interaction entre l’homme et l’objet qui n’a pas tenu ses promesses. 

L’internet des Objets, ou comme on l’appelle parfois, les Objets Communicants doit sans doutes passer par deux étapes de développement pour réellement rentrer dans nos vies d’utilisateurs. Et pour ceci il doit se dissoudre dans nos usages actuels ou en créer d’autres,  et ceci, sans qu’on s’en rende compte.

Première étape de dissolution est la communication des écrans. Commencer à lire son journal sur son smartphone, continuer sur la tablette et le finir sur son écran de télévision, c’est possible en adoptant la même application à plusieurs plateformes et supports différents (Samrtphones; Tv/tablettes etc). C’est sans doute le premier pas, qui est d’ailleurs déjà quasiment franchis, en tout cas compte tenu de supports dont nous disposions aujourd’hui. 

En termes d’usages, la communication des écrans, représente en fait les dimensions liées à la manipulation des objets « abstraits » (musique, textes, images) , dans ce cas nous arrivons à faire abstraction des supports la plupart du temps pour ce type d’interaction. C’est cette capacité d’abstraction qui a sans doute ouvert le champ pour l’explosion des interfaces tactiles.  Ces interfaces rendent les supports « transparents  » pour rapprocher nos gestes pour manipuler l’information de ceux que nous avons pour manipuler les vrais objets. Car si nous n’avons pas besoin de support physique spécifique pour traiter cette information, nous avons besoin que l’utilisation du support soit hyper rapprochée de notre gestuelle quotidienne. Par exemple, tourner es pages d’un catalogue sur le web en cliquant sur le coin de la « page » avec la sourie n’a aucun sens en termes de gestuelle réelle, elle prends en revanche tout son intérêt sur une interface tactile.

En cela le champ de développement de ces supports est encore quasiment vierge, car nous allons probablement assister à la naissance de nouveaux objets plus intuitifs encore, et donc plus « transparents ».

Par exemple ce prototype Nokia est très représentatif de la tendance de rapprochement des objets digitaux de la vraie vie, afin qu’ils arrêtent d’être des tableaux de commandes maladroits et inhumains, même si à notre sens la forme de l’objet a bien moins d’importace que la façon de la manipuler : nokia-humanform

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Un autre exemple de support, pour le coup littéralement transparent est celui de Samsung (pour lequel nous avons une petite préférence) : Samsoung tablette transparente et flexible AMOLED

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La raison pour laquelle ce champs de possibles est complètement ouvert, est par ce que nous n’avons pas besoin (ou presque) de ressentir cette information à travers les objets particuliers. Si nous avons encore un attachement persistant pour le livre (par exemple), nous n’avons presque plus besoin de disques pour écouter de la musique et nous n’avons pas besoin d’imprimer nos mails pour les lire, nous acceptons donc en tant qu’utilisateur de se contenter d’une interface virtuelle. 

Mais l’internet des objets va beaucoup plus loin. Les théoriciens de cette possible évolution d’internet parlent de communication entre les objets de notre quotidien courant, comme les tasses à café, ou les réseaux électriques. C’est là que nous repensons aux échecs des tentatives précédentes, car parmi ses nombreuses raisons, l’interface de communication avec les objets apparait comme un des facteurs majeurs.

Compte tenu de cela, à travers  quels usages, les objets se mettront-ils à communiquer entre eux et avec nous, mieux que dans les précédentes expériences? Les problèmes de standardisation et de modèles économiques des acteurs apparait comme un facteur important, mais nous y reviendrons dans un autre billet, en revanche les interfaces de communication de ces objets deviennent aussi primordiales. 

Si les objets digitaux vont se fondre dans les formes ancestrales et les interfaces avec une gestuelle intuitive et naturelle, on pourra reproduire une gestuelle naturelle pour certains actes d’inter-connectivité simple (par exemple faire jouer directement les podcasts chargés sur mon téléphone en le posant sur un support particulier).

Dans ce type d’interaction c’est la contextualisation qui sera probablement la plus importante, mes gestes simples (poser un livre sur une table, ouvrir un placard) devront être interprétés dans le contexte de l’action. 

Il n’en est pas de même pour les événements plus complexes, et ceci dans un environnement volatil, ou je ne vais probablement jamais prendre mon temps pour passer 3 heures à paramétrer toutes les interactions entre mes objets communicants.. 

Par exemple, si je veux que mon frigo me dise quels sont les ingrédients qui me manquent pour réaliser une recette que je viens de trouver sur un site de cuisine, qu’il m’indique dans quels magasins sur mon chemin je peux les trouver, et que le chauffage de mon appartement se déclenche 30 minutes avant que je rentre, il faudrait que je puisse faire tout ceci simplement. Probablement que mes objets vont « apprendre », ou plutôt analyser suffisamment de données pour que ce scénario se déclenche en fonction de la météo, de l’heure à laquelle je rentre habituellement, et des événements de mon agenda que j’ai partagé, mon appartement sera mettre le chauffage à la bonne heure et le bon jour et en tenant compte de l’état du réseau électrique de la ville.

Comme dans cette autre vidéo (qui illustre bien d’ailleurs le passage entre la communication des écrans et celle des objets), c’est mon smartphone restera probablement le relais de ces informations et un tableau de bord (en plus évolué bien sur, enfin il faut espérer) :[jwplayer mediaid= »481″]

Aujourd’hui il existe des applications, permettant d’agréger les flux applicatifs web et paramétrer les alertes sur les smartphones (par exemple l’application ifttt dont nous parlons dans LVDLT #11). Mais est-ce que ce genre d’application est réellement à porté de tout le monde? NON

Dans tous les cas, c’est pour chaque objet que l’on va individuellement définir un comportement souhaité selon son usage réel de façon aussi simple que possible. Ce paramétrage devra se faire par des gestes simples du quotidien, comme poser un objet sur un autre, toucher un objet. On définira peut-être en suite certaines interactions selon nos besoins et à travers les outils spécifiques (peut-être notre smartphone ou notre tablette).

L’enjeu de ses interfaces de paramétrage résidera probablement dans la simplicité, à l’image de Apple qui bride volontairement ses appareils pour proposer seulement les fonctionnalités qu’il trouve être les plus utiles.

Bien sur l’interface n’est pas le seul obstacle, l’inter-connectivité entre les applications et les machines présente aujourd’hui pas mal de difficultés, ne serait ce que par hétérogénéité d’accès à ces différents terminaux, sans parler du fait que mon chauffage ne sais pas s’allumer tout seul… pour le moment.



2 commentaires

  1. JA_FS wrote:

    « les vraies actions », c’est les -duino (Arduino, Gadgeteer etc.) les « matériels libres » (logiciels et matériels), dotés d’un micro contrôleur, configuré via du DIY, ou en vente en grande surface? Et puis parler de « l’internet des choses », c’est plus vague que l’internet « des objets », où l’on a l’impression de ne parler que des objets créés par la main de l’homme, connectés ou connectable à Internet.
    http://nonidentite.blogspot.com/2011/11/linternet-des-objets-ou-linternet-des.html

    • Elena wrote:

      Bonjour, merci pour votre commentaire et pardon pour la réponse tardive. En effet les réseaux comme Arduino jouent un rôle essentiel dans le développement des l’internet des objets (ou « Choses ») dont l’étape suivante est bien la consommation de masses (supermarchés). De mon coté, j’ai tenté d’aborder ce sujet sous l’angle d’interfaces d’utilisation et le rapport que nous avons à cela en tant qu’usager ou consommateur. Merci pour votre lien d’ailleurs qui est intéressant.

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